lundi 13 juillet 2015

Le piton Maïdo

Hier, on a décidé de sacrifier la grasse matinée dominicale. Il nous fallait une bonne motivation pour avoir le courage de mettre le réveil à 6h15, encore plus tôt que les jours de travail.
Notre effort a été largement récompensé.

Nous avions projeté d'aller sur le piton Maïdo, "terre brulée" en malgache. Le sol, roche volcanique, y est noir. C'est un pic à 2200m d'altitude, dont le panorama est parait-il à couper le souffle. Il surplombe de 1500m le cirque de Mafate, un des 3 cirques que compte l'île, et de l'autre côté la baie de St Paul.

Pourquoi se lever si tôt ? Parce qu'à mesure qu'avancent les heures, les nuages envahissent le cirque et masquent la vue plongeante... Apparemment c'est très fréquent et nombreux sont ceux qui sont montés et n'ont rien vu. Je n'aurais pas digéré un tel échec avec mes 2h de sommeil en moins.
J'ai étudié la météo toute la soirée, consulté les blogs, les forums de routards, regardé le ciel, bref, j'ai décidé que c'était Le jour pour aller au Maïdo et profiter sans encombre de cette vue décrite comme exceptionnelle. Déjà, c'est l'hiver. En cette saison, les couleurs des paysages sont plus douces et propices à de belles photos. Le soleil se levant plus tard (6h55), ça nous laisse un peu de répit avant qu'il ne cogne. En ce moment il y a pas mal de vent, bien pour chasser les nuages, et le temps est sec. La météo indique un grand soleil, c'est tout bon.

La route pour y accéder est moins pénible que celle de Cilaos. Et elle est magnifique. Au fur et à mesure que l'on monte, les paysages changent. D'abord les mimosas, dont les fleurs sont plus blanches, puis la forêt de tamarins, comme sortie d'un conte de fées avec sa vaste pelouse verdoyante toute douce et les lichens ornant les troncs et les branches biscornus des arbres. Enfin le sommet, gagné en 1h depuis la côte, recouvert d'un maquis de genêts.

Et là...



La vue est vertigineuse. On progresse au bord, comme le long d'un rempart et dessous, c'est le vide. Il n'y a pas un nuage.



De l'autre côté, c'est la mer. On a une vision à 360°.



Et qu'est ce qu'on voit lentement monter, masquer notre ligne d'horizon ?! 


Les nuages ! Ils arrivent même dans le cirque petit à petit. Il est 11h.


Une bien chouette balade où on a tous pris... de la hauteur !


mercredi 8 juillet 2015

Le village de L'entre-deux

On a découvert un village très sympa, à 12km au nord de St Louis : Entre-deux. Il se nomme ainsi car situé entre deux rivières, deux ravines. On s'est dit qu'il incarnait la Réunion comme on se l'imaginait : maisons créoles multicolores, végétation luxuriante, le tout cerné de montagnes abruptes. Curieusement, on n'avait pas encore vu de village aussi harmonieux que celui ci, et ça nous manquait.



On a presque eu envie de s'installer ici ! Mais c'est un peu loin de la mer pour nous. Quoique pas tant que ça... 
Le cirque de Cilaos se trouve derrière. L'entre-deux semble lui aussi au coeur d'un petit cirque, dominé par le mont Dimitile qui culmine à 1800m. Beaucoup de randos dans le coin vous vous en doutez. En décembre a lieu la course Trans Dimitile, un trail de 32 km avec 1750m de dénivelée positive.

Nous on a trouvé une petite balade bien plus tranquille en lit de rivière, le sentier du bassin Sassa.




mercredi 1 juillet 2015

Cilaos

Virée à Cilaos le temps d'un we.
Le cirque de Cilaos est le plus au Sud des 3 cirques de l'île. Et comme eux, il se mérite : 1h10 de route de montagne, sinueuse, étroite, vertigineuse, magnifique. On la surnomme "la route aux 420 virages". C'est dire. Avec Gilles au volant, c'est passé tout seul.



Un petit tour au marché couvert. La ville est réputée pour son vin (rouge puissant, atypique) ainsi que pour ses lentilles, récoltées en octobre. 


Une bonne balade entre montagnes et forêts...



...et une bonne bière pour finir !

mardi 30 juin 2015

Gilles : 1, 2, 3, rando !

Ce weekend, nous sommes partis à la découverte du centre de la Réunion : le cirque de Cilaos.
Angie fera sûrement un topo plus complet, moi j'ai décidé de vous faire partager mon expérience de la randonnée.
De l'amateur au pèlerin, en passant par la rando sportive, chacun y trouve son compte.
La rando en famille, c'est toute une histoire...


1- Albane

Des chaussures de rando taille 23, des lunettes de soleil incassables et un bâton judicieusement choisi. Albane traîne derrière, elle fouille le chemin avec son bâton, elle s'accroupit devant une fourmi, et devant une autre fourmi, et aussi devant une fourmi qui marche à côté d'une fourmi.
Elle s'arrête net devant un ruisseau large comme un filet d'eau du robinet en bas débit : impossible de traverser seule. Et puis elle se met à courir devant moi en riant à gorge déployée. Là c'est sûr, elle veut que je l'attrape !
Elle se retourne me demandant si elle pourra pêcher à la cascade avec son bâton, je lui mens un peu et ça lui donne un second souffle. 
Un bruit sourd qui s'amplifie, nous ne sommes plus très loin. C'est tellement beau qu'Albane en oublie le chemin parcouru : " On est arrivé à la cascade ! "


On se trouve une petite place pour poser les serviettes et c'est parti pour les patouilles, les jets de cailloux dans l'eau, les trempages de mollets qui terminent en haut des reins... C'est l'heure du goûter, puis vient le moment de rebrousser chemin. Pour Albane, le retour est moins fatigant. Elle sait y faire pour me rappeler que je dois faire des efforts pour garder ma place sur le podium du plus gentil des papas... Je rétorque un " Porte ta jeunesse ! " sans conviction.
Le bonheur n'a pas de poids.


2- Angievanniere

La marche en amoureux, c'est génial !
La marche en amoureux, c'était génial ...
Bah oui, il faut bien surveiller le petit monstre dont la nature nous a rendus responsables.
Pas besoin d'être deux pour s'assurer qu'Albane ne tombe pas dans un ravin, qu'elle ne taquine pas une babouk (grosse araignée que l'on rencontre très souvent ici), ou plus simplement qu'elle ne soit pas bloquée devant un ruisseau depuis 1/2 heure...Angie joue les colibris, non pas qu'elle remue les bras à toute vitesse, ce qui serait très rigolo mais trop fatigant. Non, elle fait de petites pauses inopinées tout au long du chemin et s'applique à prendre les beaux clichés dont vous avez régulièrement un aperçu.
Et puis, bien sûr que nous marchons toujours main dans la main, oubliant un peu notre rôle de parents, laissant Albane trouver elle même ses limites.


3- Moi

La marche, ça m'aide à y voir plus clair. Nouveau boulot, nouvelles contraintes, la recherche d'un logement, l'éloignement de la famille et des amis... C'est pas parce qu'on est sur une île au bout du monde que la vie est éminemment plus facile.
Quand je marche, la répétition des gestes et le balancement du corps ont quelque chose du bercement. Le regard posé sur le chemin, j'en oublie le temps qui passe et ma destination, démêlant mes pensées comme un pêcheur ramende ses filets.


J'aime la rando en famille :)



dimanche 21 juin 2015

Déjà un mois de bloc !

Voilà déjà un mois que j'ai intégré ma nouvelle équipe.
Ca va mieux ! Forcément, ce n'est jamais évident de se sentir à l'aise en débarquant dans une aussi grande équipe avec des spécialités dans lesquelles on n'a jamais travaillé. 4 semaines après, j'ai bien pris mes marques.
Professionnellement, je me régale. J'ai finalement très vite dépassé le stress de ne pas avoir été doublée. Les médecins sont (presque tous) tellement accessibles que je leur demande tout : ce qu'ils veulent, pourquoi, les risques inhérents à la chirurgie, la durée, et je m'adapte. Et puis ils sont autonomes. Ils se préparent leurs seringues d'ALR, vont chercher le matériel qu'ils veulent utiliser, perfusent, scopent, bref, on travaille en équipe et c'est bien agréable. Ils ont souvent deux ou trois salles à assurer, jamais plus. Donc c'est sécure.
Les chirurgiens aussi sont ouverts (le comble pour un chirurgien, hihihi !) et vraiment sympas.
J'apprécie le fait de changer tous les jours de spécialité. Après la gynéco et le digestif, j'ai découvert la neurochir, l'uro, l'ortho et le vasculaire que je connaissais déjà.
J'ai réussi à dompter l'Aisys et le Zeus (deux respirateurs - non non, ce ne sont pas des médecins !), et je me suis mise à l'AIVOC sur base Priméa que je ne maîtrisais pas du tout. Je ne jette plus mes ampoules de Kétamine, j'arrive à perfuser les afros noirs aux veines discrètes et à la peau si dure, et je comprends un peu le créole.

J'ai commencé les horaires atypiques, soit 12h30 - 20h30 et 8h -18h. La semaine prochaine j'ai mon vendredi, hourra ! Après 4 semaines de 5 jours ça va me faire un bien fou.

Je commence à avoir un peu plus d'affinités avec mes collègues mais ce n'est pas une ambiance de folie.

Je suis donc en cdd jusqu'au 30 septembre, enfin j'espère car je ne signe que des contrats d'un mois à chaque fois... Bizarre cette sensation d'être sur un siège éjectable. Je suis sur le planning de juillet à la case "iade fictif", même mon nom n'est pas mentionné. Il faut vivre au jour le jour.

En attendant, ça nous bloque un peu dans l'acquisition d'un logement car je ne veux du coup pas m'éloigner du nord, si jamais je devais travailler ailleurs au 1er octobre...

A suivre !

Gilles : ma première sortie vélo

Je me suis enfin remis en selle !
Deux mois sans pédaler, je devenais fou.
Par quoi recommencer quand on n’a pas roulé depuis longtemps et qu’on ne connait pas le terrain...?
Je me suis lancé sur les pistes de la forêt d’Etang-salé. Entre Etang-salé les bains et Etang-salé les hauts. Vous voyez où c’est maintenant ! 
C’est balisé, le dénivelé est relativement faible et tout le monde me dit que c’est beau. 
Et c’est vrai que c’est beau. Mais pas très jouissif quand même. 
Alors je me suis mis dans l’idée de sortir des sentiers fréquentés et de suivre quelques monotraces. Ca m’a rappelé les sorties «découvertes» dans la garrigue, entre grosses galères et bonnes surprises. 
Tout d’abord, les bancs de sable. Tous les 17 virages, du sable bien fin vient engloutir le devant du vélo et te fait mouliner comme un dératé pour t’en extraire...
Et puis quand je sors seul en pleine nature, j’ai la même frousse que quand je nage vers la bouée des 300m. J’ai beau savoir qu’il n’y a pas de requin, j’ai peur. Et là, je suis à la Réunion. Le moindre Caméléon peut se transformer en Tyrannosaure «niaquant» les pneus de mon vélo. Combiné avec le fait de devoir sortir de la semoule sableuse, ça a tout du mauvais rêve. 
Tant pis, les meilleurs monotraces c’est comme les coins à champignons. 
Au gré de cette première prospection, je me suis retrouvé seul en bord de mer. J’ai eu un sentiment de plénitude au guidon de mon destrier : les vagues se brisant sur les rochers, les alizés, les embruns...

Bonne première sortie ;)


Le tour des roches

Petite balade du côté de Saint Paul aujourd'hui. Le tour des roches, c'est une route qui contourne l'étang de Saint Paul et qui serpente entre marais et ravines. La végétation y est luxuriante car toute la zone est inondable : cocotiers, bananiers, bambous, manguiers, papyrus, vacoas, et tellement d'autres qu'on ne connait pas. Le site est classé réserve naturelle régionale. On y a vu deux jolis caméléons verts.
Des sources d'eau fraiche ponctuent la balade.





Vestige d'un ancien moulin qui servait à réduire le manioc en farine, une roue à eau qui ne tourne plus trempe encore dans un bassin d'eau cristalline où l'on vient se rafraichir.

dimanche 14 juin 2015

Cuisiner créole

J'ai enfin récupéré mon Thermomiiiiiiix !
Il est sorti indemne du container lui, ouf (oui on a récupéré le container dans un triste état, la voiture a été bien abîmée ainsi que quelques meubles...).
Et devinez quoi ? J'ai une collègue qui m'a prêtée le livre thermomix des recettes créoles !
Alors je m'en suis donnée à coeur joie.



Pour débuter, un rougail bringelles (aubergines).
Le rougail est utilisé comme condiment. C'est un mélange de légumes, d'oignons et de piments qui sert à agrémenter un plat. Nous l'avons mangé avec du riz blanc tout simplement. C'était excellent.




Puis un velouté de chouchous.
Le chouchou est aussi appelé christophine ou chayotte. C'est un fruit qui s'accommode un peu comme la courgette. Son gout n'est pas très prononcé. Ici on le cuisine salé en velouté, cari, gratin, ou sucré en gâteau.




Ensuite, un cari de camarons (grosses crevettes).
Le cari est une base de tomates, oignons, ail, gingembre et curcuma dans laquelle on fait revenir de la viande, du poisson ou des légumes. Ce n'est pas pimenté. L'effet piquant est donné par l'ail et le gingembre.




Enfin un sorbet ananas.

Et ce matin, un jus de fruits de la passion ! Un délice !


Koi fé quand soleil lé pa là ?!

Nous découvrons la frustration des weekends sans soleil. Pas facile d'abandonner nos projets de randonnées. On est tellement curieux de découvrir les beautés cachées de l'île !

Hier nous avons visité un appartement à La Saline les Bains, affreux et cher :(
La quête d'un toit est une bonne activité quand il fait gris, on a moins l'impression de perdre notre temps. On est toujours en recherche, on a beaucoup de mal à trouver quelque chose de correct, que ce soit à louer ou à acheter. Les gens nous disent que les logements devraient se libérer ce mois ci du fait des départs en métropole. On croise les doigts.

Histoire d'oublier cette nouvelle déception, nous sommes allés nous balader sur la plage. Finalement même par temps gris le lagon est joli !


Albane ramasse les coraux. Il y a peu de coquillages sur le sable.
Avec la barrière de corail, le bord de l'eau est très calme, il n'y a pas de vagues. Du coup elle peut aller remplir ses petits seaux toute seule !



dimanche 7 juin 2015

La houle

Aujourd'hui nous avons découvert la mer sous un autre angle.
Déjà les couleurs sont extrêmement changeantes en cette saison, les couchers de soleils magnifiques. Ce matin une bonne houle secoue l'océan et nous en avons profité pour longer la côte (Est).

D'habitude les parapentes, nombreux sur la montagne saint-leusienne, emplissent le ciel en ce dimanche matin. Mais là, pas une voile... Le vent souffle fort et vient de la mer.

Première étape, un petit déjeuner sur la belle plage de l'ermitage, protégée par une grande barrière de corail. Le bruit des vagues est lointain mais on voit qu'elles sont plus hautes que d'habitude. Bien sûr dans le lagon on ne se rend pas compte de cette agitation.
Le vent est frais et on reste habillés. Pas assez chaud pour se mettre en maillot et encore moins se baigner. Il faut qu'on s'y fasse, c'est bientôt l'hiver... :.(



On redescend vers le sud et au large de la plage de Trou d'eau, surprise ! Des kites et véliplanchistes à foison !!! C'est la première fois qu'on en voit autant. A cet endroit il y a encore la barrière de corail qui protège des requins. Personne ne s'aventure au delà...


On continue la descente. On repasse par St leu et on longe la mer jusqu'à Etang salé les bains. La côte est de plus en plus escarpée et le spectacle grandiose.





Il y a un "souffleur" à cet endroit, une formation creuse dans la roche où l'eau s'engouffre et ressort expulsée. C'est l'attraction du bord de route et beaucoup de gens s'arrêtent pour regarder le phénomène.


La météo marine prévoyait pour aujourd'hui des vagues de 5 à 6 mètres. Pas mal hein ?